La Ga-Celle

LA GA-CELLE*

*La gazette de La Celle, hebdomadaire ou bis-mensuel à parution aléatoire

N°8

         Discussion au cœur du Bourbonnais

« – Eh, « p’tit dédé comme tout le monde », c’est comment qu’ça s’passe pour toi ces jours ci ? Ça fait un bail que j’t’avais pas vu, j’croyais que t’avais calanché.

M’en parle pas.

– Ben si justement, parlons en.

Heu… j’commence par quoi ?

– Par le début, c’est plus facile à suivre.

Alors figure toi que j’ai eu une inondation !

– De quoi, à La Celle, une inondation c’est pas possible, les cours d’eaux qui débordent, on a pas vu ça depuis au moins dix mille ans, et pour avant, ben personne ne s’en souvient.

Une inondation de cave, que j’ai eu.

– Ah… Alors là c’est grave, allez, raconte.

Ben tu sais qu’à l’époque de Noël on a eu de la flotte, beaucoup de flotte.

– Oui, c’est pas faux, heureusement que dans le bourg on a pas d’égout sinon ça aurait débordé de partout tellement il pleuvait.

Ben chez moi c’est la cave qu’a tout ramassé, 30 cm que j’ai eu !

– Bigre ! Alors t’a fais quoi ?

J’ai fais quoi ? Ben pour commencer je me suis fait engueulé par la Germaine, comme si la pluie c’était de ma faute. Ensuite j’ai essayé de sauver le pinard.

– Ça c’est une bonne idée, et tu t’y es pris comment ?

J’l’ai bu.

– C’est une méthode qui en vaut une autre. Il y en avait beaucoup ?

Environs une vingtaine de bouteilles.

– Mais tu ne pouvais pas les mettre en hauteur ?

Non, à cause de l’eau les étiquettes étaient illisibles alors j’pouvais plus les ranger par année comme je fais d’habitude, donc c’était la meilleur solution.

– Et c’était des bonnes bouteilles ?

C’est rien de le dire, normalement les plus vieilles sont en bas et là, toute la première rangée était dans la flotte, rien que du très bon. Du bourgogne millési machin chose.

– Et près ?

…Ben… J’sais pas.

– Comment ça, tu ne sais pas ?

J’me suis réveillé 3 jours plus tard dans mon lit.

– A ce point là, ben mon salaud !

En plus y paraît que la maréchaussée est venue.

– Pour te sortir de la cave ?

Non, pour tapage nocturne qu’ils ont dit à la Germaine, j’aurais chanté des trucs révolutionnaires et paillards un peu trop fort et un peu trop longtemps. Moi ça m’étonne vu que je n’sais pas chanter.

– Et comment que ça c’est fini cette affaire. Et surtout pourquoi qu’il y avait autant d’eau dans ta cave ?

Alors pour l’eau, maintenant je sais. Comme toutes les caves de la région, elle a une conduite d’écoulement des eaux, mais ce qu’on ne savait pas c’est qu’avec toutes les sécheresses qu’on a eu ces dernières années ben la conduite était bouchée mais on ne s’en rendais pas compte.

– Et maintenant, c’est toujours bouché ?

Non, ça fait une semaine que la Germaine me fait creuser le terrain pour trouver ou qu’ça coince, des trous il y en a partout, même les rats taupiers font la gueule tellement ils sont jaloux de mes trous.

– Alors, t’as réussi à localiser ton bouchon ?

Oui mais ça c’est pas fait tout seul, des mètres cube de terre et de cailloux que j’ai retourné et en plus sans produit dopant.

– C’est à dire…

Ben la Germaine, elle a posé un cadenas sur la porte de la cave, et un gros, même avec un coupe boulon tu peux pas l’avoir.

– Et bien sur tu as fini de reboucher tout les trous.

Ah certes non, j’ai déposé un pré-avis de gréve, je touche plus à une pelle tant que j’aurai pas la clef du cadenas, non mais !

– En plus de ça tu ne peux même pas venir boire un coup au baràCelle pour te réconforter, vu qu’ils ont momentanément fermé à cause de la covid

Hein, mais de quoi elle se mêle cette Covide là ? En plus si ça se trouve elle n’est même pas de la commune, j’en connais pas de femme qui se prénomme comme ça dans la région. »

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N°7

Échange verbale sur la place de l’église

« – Eh, « p’tit dédé comme tout le monde », comment c’est-y qu’ça s’goupille ton affaire ?

Quoi, c’est qui qui s’goupille ?

– C’est façon de parler, si tu préfères, comment que tu vas, mon gars ?

Ben y a un truc qui me chiffonne.

– Mais encore ?

Figure toi que quand quelqu’un parle de moi, y dit toujours « Le p’tit dédé », mais pour toi les gens disent « Monsieur Henri » comment c’est y que ça s’fait c’t’affaire ?

– Et bien disons que c’est très simple à comprendre, mon prénom c’est Henri.

Non, c’est pas ça, y en a des qu’on dit « Le » devant le prénom et pour toi, on dit « Monsieur » devant le prénom !

– Déjà, comme ça, on sait que je ne suis pas une femme, sinon on dirait Madame Henriette.

T’es bête a bouffer du foin, pourquoi on dirait pas « Monsieur p’tit dédé »

– Et bien faut dire que cela sonnerait bizarrement, Mais bon, si t’insistes je vais t’expliquer.

Un peu mon neveu que j’insiste !

– Alors voilà, comme tu le sais, j’ai œuvré dans la fonction civile, mais ce que tu ne sais pas c’est que j’étais contrôleur des finances.

J’vois pas le rapport.

– Oh que si, tu vas le voir le rapport. Ici je connais tout le monde et surtout ce qu’ils font coté finance, alors si d’aventure un quidam me manquait de respect, le redressement fiscal n’est pas loin.

Ouais… Mais si quelqu’un n’a rien à se reprocher ?

– T’en connais toi, des gens qu’auraient rien à se reprocher ? Tiens, prends ton cas, il y a 10 ans de cela, la Germaine t’a fais construire un hangar derrière sa maison.

Oui, et alors !

– Si ma mémoire est bonne, il n’y avait pas de permis de construire, donc pour toi, c’est « Monsieur Henri ». Et toc !

Oh là là, si on peut plus s’renseigner maintenant.

– Bien… Sinon t’es pas venu au « BaràCelle » dimanche dernier.

Ben… y pleuvait.

– C’est dommage car tu parlais de battre le président à l’abalone, et bien quelqu’un d’autre l’a fait.

Qui c’est t-y qu’a fait ça ?

– Le Pascal

Quel Pascal, des pascals y en a des tonnes ici, c’est bien simple, tu soulèves un cailloux, il en sort dix des pascals.

– Celui qui habite vers les courets, un petit jeune de plus de 80 ans, qu’est marié avec une galloise, celle qui s’occupe du chant et des danses trad.

Ah oui, le Pascal. Et l’autre là, le Serge, l’a payé sa tourné ?

– Oui bien sur, mais comme il n’y avait pas grand monde, ça ne l’a pas ruiné.

Mais il l’a battu, vraiment battu ?

– Pas tout à fait, disons que le Pascal a gagné la deuxième manche mais pour la belle, le Serge était vexé comme une puce et il lui a flanqué un 6 à 0.

Attend que je me repointe dans leur bistrot et là, j’vais lui mettre une déculotté au gars.

– Ah bon, mais tu sais jouer à ce truc là ?

Pas encore mais j’ai regardé, faut juste pousser des billes, ça c’est dans mes cordes, à l’école communale j’battais tous le monde. »

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N°6

Conciliabule sur la place du village

« – Eh, « p’tit dédé comme tout le monde », comment c’est-y qu’ça pète le feu aujourd’hui ?

Cou-ci cou-ça, j’ai pas trouvé d’autres maladies alors la Germaine, elle en profite pour me faire bosser !

– Mais la dernière fois tu parlais d’ongle incarné et que c’était efficace…

Ben non, j’y ai déjà fait le coup l’année dernière, alors ça marche pas.

– Toi t’as vraiment pas de bol, et c’est quoi le boulot qu’elle te fait faire.

La Germaine elle veut que j’y lasure les volets…

– Mouais mais en ce moment il pleut alors c’est p’être pas le bon moment.

C’est justement c’que j’y ai dit mais elle m’a répondue d’aller me faire voir chez les grecques. C’est pas pour critiquer mais les grecques, y z’habitent pas la porte à coté, ça va me prendre du temps, en plus que j’connais même pas la direction qu’faut aller.

– Surtout que t’es jamais sorti du canton, t’es pas un voyageur de l’extrême toi !

Non mais oh ! Qu’est-ce que tu crois? J’ai voyagé dans ma jeunesse, moi Monsieur !

– Ah ouais, t’as été ou, à Commentry ?

Non M’sieur, chuis été à Lyon, pour les trois jours.

– Bigre, mais j’croyais que t’avais pas fait l’armée.

Ben justement, à Lyon ils ont dit comme ça que j’avais les pieds plats et que j’étais P4, je sais toujours pas c’que ça veut dire. Et pis y z’ont trouvés que j’avais un problème de … Comment dire… Ah oui, de testicule.

– P4 tu dis, ben ça m’étonne qu’a moitié. Mais pour les testicules, t’as quand même eu des enfants, non ?

Heu… La germaine, pour sur elle a eu des enfants… Mais chais même pas si c’est avec moi, tu sais les femmes c’est bizarre… Dans ma famille on est tous petit et brun, et là, ben elle a parlé de gènes récessifs, que c’est pour ça qu’y en a des blonds et grands et que même celui qu’est vachement bronzé, c’est aussi un coup des gènes.

– Alors effectivement, avec tout ça, si tu fais un procès à tes parents, t’es quasi sur de gagner. Mais sinon, jeudi dernier, tu t’es rattrapé sur le beaujol’pif mon saligaud !

Ben attend, fallait bien que quelqu’un se dévoue, si tu le bois pas rapidement, ça tourne vinaigre cette affaire là.

– En somme t’as rendue service à tout le monde.

A coté de ça, y z’avaient même pas prévue de dessert, y a des gens qu’ont râlé.

– Et, bien évidement, t’etais dans le lot. Alors pour ta gouverne, sache que la dégustation de beaujolais nouveau c’est avec de la charcutaille et du fromage et rien d’autre, sinon on appelle ça un repas.

Pas étonnant que tu les défendes, y paraît que t’es pote avec leur président…

– Pas du tout, juste je suis poli moi monsieur, quand je le vois, j’lui dis bonjour, alors que toi tu parles jamais à personne, alors pour ce qui est de dire bonjour à quelqu’un, on a l’impression que ça t’arracherait la gueule.

Ouais ben tu sais c’qu’elle te dit ma gueule ? »

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N°5

Causerie sur la place publique

« – Eh, vieux gars, comment c’est-y qu’ça carbure ?

Bon sang de bon sang, Pourquoi c’est-y que tu m’appelles toujours vieux gars chaque fois qu’on s’voit ? Tu peux pas dire « p’tit dédé », comme tout le monde ?

  • Bon, ok, je recommence. Eh, « p’tit dédé comme tout le monde », comment c’est-y qu’ça carbure
  • Ouais… Ben pour un retraité de la fonction publique, t’as quand même des ratés dans l’neurone.
  • Oui mais moi, au moins, j’en ai une belle de retraite, alors que toi, avec tout ce que t’as bossé dans ta vie, ça doit pas être épais la chose !
  • C’est pas ma faute, y z’avaient pas ma spécialité !
  • Et c’est de quoi que t’étais spécialiste, toi ?
  • Contrôleur des travaux finis, Môssieur ! Avec option pas trop tôt le matin et très peu l’après midi .
  • C’est ça, et en guise de poil dans la main, c’est pas une canne que tu as, c’est un baobab !
  • C’est quoi que c’est un bas haut bas ?
  • Laisse tomber. Sinon, la soirée beaujol’pif de « LeBaràCelle », t’y vas ?
  • Pour sur, c’est pas tout les jours que j’peux boire un canon sans m’faire engueuler par la Germaine.
  • Y paraît qu’ils en donnent deux, des canons, et pour le même prix on fait bombance.
  • C’est quoi faire bon danse ? Moi la danse, j’chais pas mais la Germaine…
  • Non, j’ai dit bombance, ça veut dire bouffer comme un goret, se remplir la panse, se faire péter la sous-ventrière, tu captes là ?
  • Ben j’vais pas m’priver pour le coup, ça va leur coûter cher.
  • Et sinon, t’as des nouvelles fraîches, du bourg ou de chez toi ?
  • Pour sur, figure toi que la Germaine elle s’est fait mettre la fibre.
  • Comment ça, elle s’est fait mettre ?…Par qui? Pour sur qu’y avait longtemps que ça lui était pas arrivé à la bougresse.
  • T’es vraiment con toi, hein ! C’est la fibre, t’sais le truc de technolo machin qu’est vachement rapide, c’est les PTT qui font ça.
  • Les PTT ? Heu, on t’as pas dis qu’on était plus à l’ancien franc ?
  • C’est tout comme… C’est un nom de couleur… Mais avant c’était les PTT.
  • Mouais, faudrait p’t être vivre avec ton époque, ça s’rait plus simple pour tout le monde, et alors ça fonctionne ton affaire ?
  • Chais pas, depuis le changement, la Germaine elle arrête pas de râler, mais d’un autre coté ça m’change pas, vu qu’elle est toujours en train de râler.
  • C’est bizarre ça, moi la Germaine je la vois plutôt comme quelqu’un de souriant, y a qu’avec toi qu’elle râle.
  • Avec les autres, c’est sur qu’elle sourit, même qu’elle les aguiche, et plus si affinité comme elle dit, mais avec moi c’est pas la même chanson.
  • Tu devrais essayer de lui mettre la fibre, de temps en temps.
  • Ben y a pas moyen, elle a souvent des truc à faire ou alors des migraines, tiens justement, le gars de la fibre, elle l’a fait monter dans la chambre pour lui régler la télé… y z’ont mis le temps, faut croire que c’est compliqué… En tout cas elle râlait pas la Germaine, elle hurlait. J’en avais honte pour lui mais quand ils sont redescendus, elle étais tout sourire, j’sais pas pourquoi. »
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N°4

Dialogue entre gens bien informés.

« Eh, vieux gars, comment c’est-y qu’ça va aujourd’hui ?

Ou-la-la, c’est vraiment pas ça, y a rien qui va.

– Mais encore ?

Ben mon dos, par exemple…

– Ça s’arrange pas ?

Non c’est pas ça, mais elle s’est rendu compte que c’était du pipeau.

– Ah bon, et comment qu’elle l’a vu ?

Ben ce matin j’ai fait tomber ma blague à tabac et du coup je m’suis baissé pour la ramasser.

– Jusqu’à la j’arrive à suivre.

Mais j’ai oublié de dire « Aille ! mon dos, aille ! » Alors la Germaine, elle n’est pas que bête, elle a compris que mon mal de dos c’était un truc pour tirer au flan ; j’suis grillé, faut que j’trouve autre chose.

– Vieux grigou, j’te fais confiance, tu cogiteras une autre entourloupe.

Oui, j’y ai pensé et j’ai eu l’idée géniale: le cor au pied, ça c’est efficace, faut juste que je retire la pommade à chaque fois.

– Mais bon sang, pourquoi que tu veux retirer la pommade ? T’as envie d’avoir mal !

Réfléchi un peu, si je garde cette pommade qu’elle me passe tous les matins, ça guéri tout de suite l’affaire et après faut que je cherche une autre idée sinon elle va me fait bosser.

– Ouais, t’as pas une vie facile. Et sinon, c’est quoi d’autre qui va pas ?

Ben ton président là !

– Mon président ? Macron ?

Mais non, l’autre, heu c’est quoi déjà… Celui du bar à poivre.

– Hou-la ! Chez toi ça s’arrange pas vraiment coté cerveau… C’est « LeBaràCelle », y a pas de poivre.

Bon, n’empêche qu’on m’a dit qu’y faisait la pluie et le beau temps dans son association.

– Ou c’est que tu veux en venir ?

T’es myope ou bien ? En ce moment y pleut tout les jours, alors pour le beau temps, tu repasseras

– Je ne sais pas qui qui t’as dit ça mais c’est une figure de rhétorique.

T’es bien une drôle de figure toi, c’est pas le éh rotique qui m’a causé, c’est la femme du gars qu’avait un garage dans le coin, du temps ou c’est qu’y avait encore des commerces ici. »

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N°3

Dialogue à propos de tout et de son contraire

«  Alors, vieux gars, ça va-t-y mieux cette fois ci ?

Oh la la, c’est pire que pire !

– faudrait voire à consulter.

Ben justement c’est c’que j’ai fait et là, ça se gâte Agathe, y en a un qui dit que j’ai une scie à tiques… j’ai jamais eu de tique. L’autre y dit comme ça que j’aurais un disque qu’est pas droit ! J’ai même pas d’électrophone alors pour les disques…

– En somme t’es mal fabriqué, faudrait p’être faire un procès à tes parents, non ?

Si y avait qu’ça, t’as vu le prix du gaz-oil ?

– Et alors, t’as même pas de bagnole !

Heu… Si j’voulais, j’pourrais en avoir une, et une grosse tant qu’a faire.

– Mais qu’est-ce que tu nous les brises, t’as même pas le permis !

Ben mince, si on peut même pas dire du mal du gouvernement…

– Bien sur qu’on peut, d’autant que t’es capable de réclamer la prime de 100 € et de t’acheter du pinard avec.

Manquerait plus que je meurs de soif !

– Mouais… En tous cas hier t’es pas mort de soif à « LeBaràCelle » hein mon cochon.

Tous ce qui rentre avant l’hiver ne craint pas la gelée, et toc !

– Et sinon, t’as trouvé ça comment leur « soirée pizza »

Ben… Bien hein ! Sont du genre organisés les gens de ton bureau, enfin sauf le serge truc, là, y c’est trompé dans ma commande.

– Mais non, c’est toi qu’a changé d’avis au dernier moment et, du coup, t’as foutu la pagaille !

Ça va encore être ma faute…

– Et ta pizza, elle était comment ?

Bon, ok, y a rien à dire, c’était super top, comme y disent les jeunes.

– Moi j’ai aussi trouvé que le dessert et le petit gâteau avec le café, ça avait de l’allure, y z’ont fait fort, et la petite salade en prime c’était la cerise sur le gâteau.

Pas du tout, c’était des morceaux de chocolat dans les p’tits gâteaux, pas des cerises !

– Ouais… t’as raison… ça s’arrange pas toi, hein !

Bon sang ! J’sais reconnaître du chocolat ou des cerises et là, j’te dis que c’était pas des cerises.

– Allez, on va pas se fâcher pour ça.

Mais c’était du chocolat… »

 

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N°2

Conversation à bâtons rompus.

Quelques jours plus tard nous retrouvons nos deux compères sur la même place du bourg de La Celle.

« Hé vieux gars, comment c’est-y que ça s’passe aujourd’hui.

  • Ah ! M’en parle pas…
  • J’t’ai pas vu ce dimanche au bistro !
  • Ben j’pouvais pas, ma bourgeoise voulait que j’lui ramasse les cardes.
  • Et ton dos, ça va pas mieux ?
  • Ben non justement, mais figure toi que j’ai eu un coup de bol phénoménal…
  • C’est à dire ?
  • Quand je m’suis pointé dans le jardin, les rats taupiers avaient boulotté toutes les cardes
  • Bigre, mais alors t’as pas de stock !
  • M’en fou, j’aime pas les cardes et, en prime, j’ai pas eu besoin de m’baisser.
  • Tien, au fait, t’sais que j’étais à la réunion du « LeBaràCelle »
  • Ouais, tu l’as déjà dis la dernière fois.
  • Ben du coup j’ai reçu le compte rendu et comme ça je connais les noms.
  • Les noms de qui ?
  • Les membres du bureau, pardi !
  • Ouais et alors…
  • Faut que j’arrive à me rappeler… D’abord les femmes, la trésorière c’est la Marie Ange…
  • La Marie ange qui ?
  • Heu… Attends voir… Marie Ange… Ah oui, Guillamier
  • Connais pas.
  • Et son mari est secrétaire adjoint.
  • J’vois pas mieux…
  • Mais si, le Dominique,un gars avec une moustache, ils ont une maison en direction de Néris , enfin passons, alors le vice président qu’est aussi secrétaire c’est le Jean Noël Visconti.
  • J’le remets pas.
  • Bon sang fais un effort, il joue au boules
  • Elles sont pas un peu rouge ses boules ?
  • Si
  • Ah oui, je vois.
  • Ensuite on a un trésorier adjoint, le Jean Tetard.
  • Heu…
  • Il habite le bourg et il a une vieille dedeuche.
  • Ah si, ok, mais il vendait pas le pain avant ?
  • Ben justement, le pain maintenant c’est le dimanche matin dans le même local mais c’est pas ceux du bar qui s’en occupent.
  • Et pour le président ?
  • Le Président ? Ah oui, je l’avais oublié celui-là, le Serge Fievet qu’il s’appelle.
  • J’le connais pas plus que les autres.
  • Un p’tit avec le ventre qui pointe en avant.
  • Attends, des petits avec le ventre en cabine avancé, dans le coin tu soulèves un caillou, il en sort dix.
  • Alors tu sais pas ? Dimanche prochain t’as qu’à venir, comme ça tu verras, en plus ils ont pas l’air méchant.
  • Manquerait plus qu’ils mordent »
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N°1

Dialogue impromptu dans le bourg de La Celle

«  Hé ! Vieux gars, comment c’est-y qu’ça va ?

  • Ha ! M’en parle pas, hier j’ai ramassé les noix, du coup j’ai un tour de rein !
  • Ha ben dis donc ! Y en avait tant qu’ça ?
  • Non mais le sol est encore plus bas que l’année dernière.
  • Bon ben alors assoie toi sur le banc, on pourra causer et dire du mal.
  • Mouais… Alors c’est quoi les derniers potins ?
  • Ben figure toi que l’association « LeBaràCelle » a changé de bureau.
  • Comment ça ? Il y a un comptoir dans leur local, ça c’est sur, mais j’y ai jamais vu de bureau.
  • Mais non, le « Bureau » c’est les gens qui s’en occupent, avec des secrétaires, des trésoriers et des présidents, le « Bureau » quoi !
  • Ah bon, et alors, y a des gens qu’on connaît la dedans ?
  • Heu… Alors le président c’est pas un gars d’ici, ça ferait que 4 ans qu’il est dans le coin, mais j’ai pas retenu le nom du type, y serait du coté de Chênebras ou quelque chose comme ça.
  • Ah, j’vois pas… faut dire que j’connais pas tous les jeunes qui s’installent dans l’village.
  • Non non, c’est pas un perdreau de l’année, plutôt du genre retraité.
  • Et pour le reste ?
  • Alors la trésorière, y z’ont gardé la même, le vice-président y fait également le boulot de secrétaire et y aurait aussi un secrétaire adjoint et peut-être d’autres postes mais je me suis endormi avant la fin de la réunion…
  • Et alors, leur café est toujours aussi dégueu ?
  • C’est pas faux mais ma bergère a goûté le chocolat, il est pas mal !
  • Et sinon, au niveau du qui pique, y z’ont c’qui faut ?
  • Ben y a de la bière et du pinard mais rien de très violent, pour se pinter la ruche faudra trouver une autre adresse. Par contre y z’ont fait un effort, là-bas tu peux lire « la Montagne » du dimanche et il y a des jeux de comptoir… Y paraît que le président aurait dit que si quelqu’un le bat à Abalone, il paye une tourné générale !
  • Mais rassure moi, ils ont aussi des trucs du genre coca ou orangina, non ? Rapport à ma femme, la Germaine.
  • Oui, y en a aussi, enfin peut être pas du coca ou de l’orangina précisément mais des machins dans ce genre, enfin tu sais, c’est pas mon truc ces boissons la.
  • Et ça se passe quand ton affaire ?
  • Alors c’est comme avant, le dimanche matin de 9H à 12H. Ils font d’autres bricoles, par exemple une soirée pizza, une soirée beaujolais et une dégustation de Noël mais pour les dates c’est tout marqué la-bas, faut y aller pour savoir, j’ai pas tout retenu.
  • T’as dis qu’il payait sa tournée pour le ballone le gars ?
  • Non, pas le ballone, l’abalone.
  • Ça fait rien , j’vais quand même le battre. Et sinon, quoi de neuf pour le reste.
  • Ben tu vois bien à peu près…
  • Bon ben faut que j’rentre pour me faire masser les reins.
  • Ouais t’as raison, les reins faut pas plaisanter avec ça »
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